De l’impression à l’expression
« Tout a commencé avec un coquelicot. Fragile, fier, enlevé à la terre pour être couché sur le papier. Un papier léger, presque transparent, évanescent. S’y sont mêlés des couleurs, des traits aériens. Pétales, pistils, herbes folles, formes forment un langage subtil, chuchotis.
La suite ? Un travail minutieux où le végétal se transforme en expression et l’éphémère en impression.
Traverser le temps, enjamber les siècles et marquer son époque, tel est le rêve de tout artiste. Le numérique lui a ouvert une nouvelle ère. Gravé sur disque dur, l’art devient éternel. Encore faut-il qu’il n’en perde pas son âme…
Épaisseurs, pigments, fragilité du trait, émotions… Chaque détail est ici transposé et agrandi selon les exigences de l’artiste. De 20cm sur 30, le champ de coquelicots s’agrandit, décliné au gré de deux années de recherches picturales D’abord classique, il deviendra fantaisiste. Le résultat est surprenant, éblouissant. » (Aurélie Bastin)
En 2008, Patricia Bastin Andrien expérimente le numérique avec sa série sur le thème de Coquelicot. La nature reste toujours présente dans ses œuvres. Les coquelicots sont plantés sur le papier, un papier léger, transparent, évanescent. Elle utilise l’écoline, mais aussi de l’huile sur papier et de l’acrylique dilué pour laisser transparaitre la légèreté de la fleur.
Ces formes quasi abstraites aboutissent à un langage doux, mais fort. Le travail est précis et le végétal se transforme en expression et l’éphémère à l’impression. Le trait s’évade sur la toile, s’inscrit dans la liberté du geste. L’analyse subtile et vivante de la fragilité s’inscrit sur la toile, chemine puis éclate en rouge, touches de vert et de noir, sur fond blanc.
« Ce n’est ni du surréalisme ni de l’abstrait. Simplement du concret intimement et personnellement reconcrétisé. C’est comme une réécriture de la nature, celle qui prévaut quand on se l’accapare en toute liberté », écrit Jean-Paul Morhet, journaliste du Jour. Il poursuit « représenter l’intériorité d’une feuille d’arbre, d’un pétale de coquelicot et l’afficher dans un rapport de lignes (…). Toute impression devient prétexte à exprimer et toute expression, prétexte à imaginer. »
magnifique série
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