En 1984, Patricia Bastin Andrien réalise une série sur les piscines. Elle capture la lumière et les mouvements, la fusion de l’être et de l’élément. C’est un travail alliant douceur et tendresse, où la lumière tend ses pièges sous chaque remous, dans lesquelles les baigneuses sont font et se défont au gré du mouvement de l’eau.
« Sous ses mains, le bleu devient une couleur chaude ; Patricia, la contradiction ? Par ses yeux, l’effort du nageur se fait tendresse ; Patricia, la douce ? Par sa magie, la moiteur des piscines se métamorphose ; Patricia, la sorcière ? » (Ann Chevalier, Conservatrice-adjointe du Musée de l’Architecture de la Ville de Liège, 1985).
En 2003, elle revient au thème de l’eau et à ses significations symboliques. Dans le lâcher prise, elle travaille les méandres de l’horizon. Elle utilise plusieurs techniques comme l’huile sur papier et l’acrylique dilué pour suggérer les reflets de l’eau. Mais cette fois-ci, les couleurs sont plus sombres et dures, beaucoup de bleu et de noir.
Pour elle, seul compte toujours le paysage. Les quelques personnages ne sont là que pour jalonner l’espace. Comme l’écrit Lucien Rama pour l’exposition qui aura lieu à la galerie Liehrman en décembre 2003, « ce n’est pas vraiment une histoire qu’elle propose, mais une série de souvenirs venus de l’inconscient, peut-être du Mexique, avec un thème qui sous-tend bien sûr tous les dessins, les aquarelles, qui est l’idée du lien. Du lien de la rivière qui relie les mondes entre eux, les peuples entre eux, les êtres entre eux. Parfois, toutes les formes du paysage entre elles, depuis la source en passant par la montagne, la vallée, la plaine jusqu’à l’océan infini. »
Elle expose en 2003 avec Mady Andrien, sa mère adoptive. Une exposition qui réunit sculptures et peintures avec la même « quête de l’onde et de la soif à étancher, car l’eau, c’est la vie, c’est le fil qui relie la mère et la fille. » (Lucien Rama)